Umm Zayd, Hijrah aux Comores

A la recherche d’une osmose parfaite avec son lieu de vie, Umm Zayd (@_al_qamariat) a traversé l’océan Indien en passant de La Réunion à Mayotte puis de Mayotte à la Grande Comore.

Avant le départ :

Peux-tu nous parler de ton parcours avant de faire la Hijrah ?

Je suis née à Mayotte et originaire de l’archipel des Comores, j’ai grandi sur l’île de la Réunion où j’ai obtenu presque tous mes diplômes avec un passage en métropole.

Qu’est ce qui t’a motivé à partir ?

Je dis toujours que j’ai fait 2 hijrah, la première à Mayotte car je sentais que ma religion dérangeait à la Réunion et que mon monde était en contradiction totale avec le leur. J’ai été apaisée une fois à Mayotte où j’ai passé 5 années. Puis je suis allée en Grande Comores et c’est une fois ici que je me suis sentie totalement en osmose. Wa lilahi Alhamdu.

Pourquoi avoir choisi ce pays plutôt qu’un autre ?

Parce que je suis originaire de ce pays, la sécurité du pays et la facilité que j’ai eu à avoir les titres d’identité une fois sur place.

Par quel biais t’es-tu informée sur le pays avant de venir ?

J’y suis allée car beaucoup de fausses informations circulent au sujet des Comores et j’ai été  très agréablement surprise.

Est-ce que c’est facile de s’y installer (administrativement parlant) ?

Sans aucun lien avec le pays, je ne sais pas. Il y a des gens de pays arabes et des indiens qui font du commerce mais je ne connais pas leur situation administrative.

Installation et quotidien :

Comment se sont passés ton installation et tes premiers mois ?

Nous avons logé dans un hôtel quelques jours sur Moroni car le village de mes proches est loin. Nous avions prévu du liquide pour acheter nos meubles et notre électroménager, peu de magasins possèdent la machine à carte bleue. Les premiers mois nous avons été très occupés par notre installation.

Qu’est-ce qui t’a semblé le plus dur en arrivant ?

Nous n’avions pas de véhicule au départ et ça a été assez éprouvant de devoir prendre le taxi pour chaque besoin.

Le coût de la vie te semble-t-il plus élevé ou moins élevé que la France ?

J’aime parler plutôt en pouvoir d’achat et le pouvoir d’achat en moyenne est très faible comparé à la France. Les salaires sont bas.

L’offre de santé est-elle « rassurante » ?

Je trouve qu’elle est rassurante Al hamdulilah. Evidemment le pays ne compte pas des spécialistes poussés comme des allergologues ou certaines spécialités qui paraîtraient banales en France comme les orthophonistes.

Comment tes enfants se sont adaptés à la vie là-bas ?

Je vais plutôt parler de mon aîné qui aime beaucoup le pays. Il a déjà commencé à parler la langue à force de côtoyer d’autres enfants. L’ambiance est rassurante même si je garde un œil à chaque instant sur lui. Étant habituée au climat des îles, je trouve que le climat tropical des Comores est meilleur.

Est-il facile de vivre sa religion au quotidien ? Est-il facile/possible d’apprendre la science sur place ?

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Oui, complètement. Les gens sont plutôt pudiques, hommes comme femmes, il est rare de voir une femme tête nue, hormis les étrangères. Les mosquées et les écoles coraniques sont très nombreuses. Il n’y a pas de merkez comme on voit dans certains grands pays pour apprendre la science. La plupart des cours se font en ligne. Des frères ont mis en place au sein de leurs mosquées un petit programme de cours et des étudiants en science en donnent à quelques enfants.

Aujourd’hui, qu’est-ce que tu aimes le moins dans ta vie là-bas ?

Je trouve que certains produits importants sont chers, surtout les fruits et les légumes qui sont pourtant cultivés localement. L’impact du coût sur le ménage en vient au point de ne pas manger qualitativement.

Qu’est-ce que tu aimes le plus ?

Personnellement, il y fait bon vivre, les gens sont accueillants, souriants et ne se prennent pas la tête… Sauf pour quelques-uns.

As-tu un endroit particulier que tu aimes énormément ?

La plage de Maloudja, il faut y aller pour comprendre haha. C’est une plage magnifique.

Être une femme aux Comores :

Les gens sont-ils tolérants vis-à-vis de l’habillement/la pudeur des femmes ?

Le niqab et le jilbab sont quelque chose de normal ici.

Le comportement général vis-à-vis des femmes est-il respectueux ?

Les gens sont respectueux Al hamdulilah dans la généralité. Je ne me sens pas du tout en danger Al hamduliah.

Est-il facile de trouver tous les commerces dont une femme a besoin ?

Non.

La vie professionnelle :

Est-ce que tu travailles ?

Oui, je suis professeur des écoles en ligne en tant que prestataire de services.

Comment as-tu trouvé ce job ?

 En postulant en ligne.

Quelles sont les différences au quotidien dans le fait de faire ce boulot là-bas plutôt qu’en France ou ailleurs ?

Le coût et la qualité de la connexion à des moments. La fibre est arrivée, on espère que ça  s’améliore.

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui cherchent à entreprendre aux Comores ?

D’entreprendre en faisant un audit des besoins des habitants car il y en a pas mal.

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui aimeraient venir vivre là-bas ?

De faire une rétrospective de leurs niyyah afin de savoir s’ils viennent pour Allah ou pour autres choses car la dounia ce n’est pas aux Comores qu’ils vont la trouver.

Pourrais-tu nous donner deux ou trois raisons de faire la hijrah là-bas plutôt qu’ailleurs ?

 Les 3 S, la stabilité, la sécurité et la sérénité. Enfin, le dernier ça dépend haha.

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui aimeraient faire la hijrah mais qui hésitent encore ?

De se remettre en question car ce n’est pas facile de quitter son monde et ses habitudes pour  aller vers l’inconnu. Mais l’apaisement dans votre religion que vous connaitrez en terre d’Islam n’aura pas d’égal.

Merci

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