Bilal, de Clermont-Ferrand à Sharjah

Bilal est un solide ingénieur en informatique qui ne connaissait rien de Sharjah en octobre 2021… Et seulement 6 mois après il s’y installe. Venez en découvrir davantage sur sa Hijrah.

Avant le départ :

Peux-tu nous parler brièvement de ton parcours ?

Déjà, moi je suis Clermontois à la base mais je vivais à Paris avant de venir ici. J’ai fait des études en ingénierie informatique donc dans la programmation de logiciels.

Je me suis mis à mon compte assez rapidement parce que je me suis rendu compte que c’était un marché qui était très bon à prendre. Au départ j’étais auto-entrepreneur puis j’ai créé ma société en tant que consultant informatique.

Tu as ton entreprise depuis combien de temps ?

J’ai fait 4-5 ans en CDI et là, avant de venir, ça faisait déjà 4 ans environ que j’étais à mon compte.

D’accord et pourquoi tu as décidé de partir ?

C’était un peu précipité. Il faut savoir qu’avant octobre 2021, je ne parlais même pas de Hijrah. Je ne voulais même pas partir ou quoi que ce soit. En fait, j’ai commencé à ressentir une certaine haine de la part des Français concernant l’islam et les musulmans en général et je trouvais ça injuste le fait de contribuer au pays en payant des impôts etc. mais de subir du racisme ou ce genre de choses… Quand tu as une grosse barbe, que tu fais la queue avec ta femme qui porte le voile… tu remarques vite qu’on te regarde d’une certaine façon et on te met dans une case en fait. Donc voilà, je me suis dit c’est bon je pars et en 5 mois je me suis retrouvé là Al HamdouliLlah.

Mon article : Liberté, égalité, fraternité… oui mais aux Emirats.

Notre religion c’est notre identité, c’est notre façon de vivre et les gens ils se permettent de remettre ça en question… La France a changé, je me rappelle dans mon petit collège de quartier chacun avait son origine, sa religion, sa particularité et c’était ça la beauté du truc. Et maintenant, dès que tu es musulman, tu as une barbe, on ne te traite pas de la même manière et c’est spécifique à la France. J’ai travaillé avec des Américains et ce n’est pas du tout pareil.

Puis avec le COVID on s’est tous retrouvés en full remote c’est-à-dire qu’on était totalement en télétravail. Du coup je me suis dit si je peux faire ça de chez moi, je peux le faire d’ailleurs.

Et pourquoi avoir choisi les Emirats ?

En fait, j’avais pensé à partir mais pas forcément en terre d’islam. Au départ je visais plutôt le Canada, l’Angleterre, les Etats Unis… On avait tenté la Tunisie également, Djerba, mais finalement non… Puis voilà, les Emirats sont arrivés et j’ai eu cette facilité.

Et finalement pourquoi les Emirats ?

Tout est parti d’une rencontre. Ma femme a rencontré Mina puis j’ai été en contact avec Mina et son mari (ils ont une agence, Welcome To Dubaï, pour accompagner dans les démarches administratives pour l’installation aux Emirats). Ils m’ont donné plus d’informations sur les Emirats et le projet m’a plu puisqu’il y a beaucoup d’avantages pour mon activité. Ensuite, je suis venu à Sharjah l’année dernière, je travaillais, je ne suis pas venu en vacances, j’étais vraiment en mode travail pour voir comment j’allais me sentir et voilà, je me suis dit ok faut partir.

Dubaï, j’étais venu en 2011, Sharjah je ne connaissais pas du tout… on m’aurait dit en septembre 2021 que j’allais venir y vivre, je n’y aurais pas cru. Par la grâce d’Allah, le déclic c’est vraiment Hicham et Mina et je me suis dit ok.

L’installation :

Tu es là depuis combien de temps et comment s’est passé l’installation ?

Je suis là depuis le premier jour du ramadan 2022 donc un peu plus d’un mois. L’installation… J’ai eu beaucoup de facilités. Par la grâce d’Allah et la cause de Welcome To Dubaï, mes papiers sont allés très vite finalement. La société, ma carte de résident… j’ai fini par trouver un appartement un peu par hasard puisque je venais travailler dans le coin et à force de voir le bâtiment ça m’a plu et ici les choses se font très vite, tu peux visiter seul, discuter des modalités sur WhatsApp et rapidement avoir un appart, ce n’est pas comme en France.

Ensuite, il fallait contacter mon client pour le basculer sur ma société ici sans vraiment lui laisser le choix. Mais au final, ça ne l’a pas dérangé et je ne m’y attendais pas donc Al HamdouliLlah.

Je suis arrivé tout seul pendant trois semaines. J’ai fait le maximum avant de faire venir ma famille à une semaine de la fin du ramadan.

Et comment ça se passe pour les enfants ?

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Youssef, de Montpellier à Abu Dhabi

Mon fils a l’impression que c’est les vacances tous les jours. Je pense que tu l’as vu. C’est un pays pour les enfants, tout est prêt pour qu’ils jouent, pour les changer, pour s’occuper d’eux… c’est propre…

Avant j’étais à Corbeil-Essonnes, ce n’est pas vraiment une ville pensée pour les enfants (rires).

Venez découvrir ma vidéo « 5 choses qui m’ont surpris à Sharjah » où je parle du comportement envers les enfants.

Le quotidien aux Emirats :

Que dirais-tu du coût de la vie ici ?

Oui, c’est une chose sur laquelle il y a beaucoup de on dit. Beaucoup de personnes disent des choses et ceux qui disent le plus de choses c’est ceux qui n’y vivent pas. La santé c’est cher, l’éducation c’est cher, tout est cher en fait quand on les écoute même les courses c’est cher apparemment… Franchement non, il y a des grandes surfaces qui sont peut-être moins chères qu’en France. Après oui tu payes les consultations et tu n’es pas remboursé mais je m’attendais à pire. Donc au final avec les choses qui sont moins chères ici, tu t’y retrouves très vite. Je dirai que le coût de la vie est similaire à la France voir un peu moins cher.

Quel profit aimerais-tu que tes enfants tirent de ta hijrah ?

Je pense que toutes les personnes qui font la Hijrah vont parler de l’arabe, le Coran mais le comportement aussi. Tu vois ici, il y a un comportement différent, il y a une atmosphère différente donc j’aimerais que mes enfants s’imprègnent de ça.  

Et est-ce qu’il y a quelque chose avec laquelle tu as un peu plus de mal ici ?

Oui, ma femme m’en parle très souvent, c’est la route. Elle n’est pas du tout en confiance pour conduire ici parce qu’ils ont une conduite dangereuse. Enfin, je ne dirai pas qu’elle est très dangereuse mais voilà, il ne faut pas trembler.

Ah, également au niveau des prestations, il faut être exigeant parce qu’ils disent toujours « oui oui » alors qu’ils n’ont pas forcément compris ce que tu attends. Il faut être un peu derrière eux parfois.

Et qu’est-ce que tu aimes le plus ici ?

Je pense un peu tout tu vois. On sort d’un mois du ramadan et de tous les ramadans que j’ai fait, celui-ci il a une importance et une différence. L’atmosphère est différente, rien que d’en parler ça me met des frissons.  

Il y a autre chose aussi, avant de venir on m’a dit fais attention aux frères qui vivent là-bas. Tu verras ils te côtoient que par intérêt. Moi j’ai pas du tout vu ça. Au contraire, mash’Allah, il y a une entraide de malade au niveau des frères. En tout cas ceux que je connais, je pense qu’on a un bon groupe soudé.

Ses conseils :

Que dirais-tu à quelqu’un qui pense à venir ouvrir sa société aux Emirats mais qui est encore dans l’hésitation ?

Bah qu’il y a 6 mois, j’étais comme lui. J’écoutais les on dit, je me disais que les Emirats ce n’était pas pour moi… Du coup je leur dirais « foncez ! », pas « foncez, allez dans le mur » mais avoir l’intention, se préparer et partir. Si tu le fais pour Allah, il n’y a rien à perdre. Si c’est ta destinée, Allah va te le faciliter. Ça ne sert à rien de repousser tout le temps et si tu n’essayes pas, tu ne sauras jamais. Après, si tu n’as pas une activité mais que tu veux tenter l’expérience, il faut avoir un léger matelas financier histoire de tenir quand même quelques mois et voir si ça se fructifie. Tout est dans l’intention, moi j’avais beaucoup de wass wass à me demander pourquoi moi je partirai aux Emirats, je ne suis pas mieux qu’un autre… mais faut arrêter d’écouter ces petites voix dans sa tête. Au contraire, il faut en faire une force, si tu pars c’est qu’Allah te l’a destiné.

Merci Bilal.

Connaissez vous le livre “Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études” ? Ce best-seller vous apprend comment s’affranchir du système éducatif français et devenir un entrepreneur à succès, libre et indépendant.

Laisser un commentaire